C’est une question qui revient régulièrement sur les forums spécialisés ou sur les réseaux sociaux. Je vais donc vous donner mon point de vue d’expert de la vidéoprojection à ce sujet.
Le principe de la salle dédiée : « l’image qui flotte dans le noir »
Pour les salles dédiées, je suis partisan du concept de « l’image qui flotte dans le noir ». Cela signifie qu’on ne doit voir que l’image, et rien d’autre qui pourrait distraire l’attention.
Pour obtenir un tel résultat, il faut que la pièce soit la plus sombre possible, avec des surfaces traitées en velours noir afin d’absorber un maximum de lumière.
Dans ce contexte, je ne vois pas l’intérêt d’utiliser une toile technique. Les bénéfices sont quasi nuls, alors que les inconvénients sont nombreux : effet de paillettes, sensation de perte de luminosité par rapport à une toile blanche, hot spot, etc.
Dans une pièce où la lumière est totalement maîtrisée, je préfère donc utiliser une toile blanche de qualité. J’en avais d’ailleurs cité quelques-unes dans un précédent article : Lire l’article
Dans quels cas une toile technique peut être utile ?
Toutefois, il existe deux situations dans lesquelles une toile technique peut être intéressante en salle dédiée :
- lorsque la pièce n’est pas totalement sombre
- lorsque le projecteur utilisé possède un très mauvais contraste séquentiel
Quand la salle n’est pas parfaitement optimisée pour le contraste
Certaines salles dédiées ne sont pas du tout optimisées pour le contraste. C’est par exemple le cas lorsque leur propriétaire ne supporte pas d’être plongé dans le noir complet.
On retrouve alors des murs de couleurs claires ou chaudes comme le beige ou les tons bruns. Dans ce cas, l’impact sur le contraste intra-image est très négatif si une toile blanche est utilisée.
Le seul moyen de limiter ce problème est alors d’utiliser une toile technique, qui permet d’améliorer sensiblement la situation.
Quand le projecteur a des noirs peu profonds
L’autre cas où une toile technique peut être intéressante en salle dédiée concerne les projecteurs qui délivrent des noirs très gris.
C’est notamment le cas de certains projecteurs DLP à simulation 4K, dont le contraste séquentiel natif dépasse rarement 1000:1.
Dans cette situation, l’utilisation d’une toile grise technique peut aider à améliorer la perception des noirs. Bien sûr, cela ne fait pas de miracle, mais les noirs deviennent légèrement plus « acceptables ».
Attention à la qualité de la toile de projection
Pour terminer, je souhaite mettre en garde contre les toiles de mauvaise qualité.
Qu’il s’agisse d’une toile blanche ou d’une toile technique, il est vraiment dommage d’investir beaucoup d’argent dans une salle dédiée et de négliger la toile de projection.
Je trouve que cela peut complètement gâcher le résultat final.
Il ne faut jamais oublier que ce que l’on regarde, ce n’est pas le projecteur, mais la lumière réfléchie par la toile. Le moindre défaut de celle-ci se voit immédiatement et peut impacter fortement l’image.


