Qu’est-ce que le contraste séquentiel ?
Le contraste séquentiel, aussi appelé contraste on/off, est le rapport de luminance entre une mire blanche et une autre toute noire. Autrement dit, il s’agit de mesurer la luminance du noir et celle du blanc, puis d’en calculer le rapport selon la formule : Contraste séquentiel = Luminance du blanc / Luminance du noir.
Pendant longtemps la mesure de ce dernier suffisait pour évaluer la faculté d’un vidéoprojecteur à délivrer des noirs profonds. Par exemple, lorsque le contraste on/off dépassait 10000:1, en général on considérait qu’un vidéoprojecteur était performant dans les scènes sombres. Mais ça, c’était avant l’arrivée des vidéoprojecteurs laser ou LED, dont certains produisent désormais un noir absolu lorsqu’on leur envoie une mire noire. Dans ce cas, le contraste séquentiel devient alors infini ! C’est par exemple le cas des projecteurs JVC de dernière génération (JVC NZ500, NZ700, NZ800 et NZ900) lorsqu’on active leur contraste dynamique à partir de la position « Bas ». Mais peut-on en conclure que ces vidéoprojecteurs se comportent alors comme un téléviseur OLED, c’est-à-dire une référence absolue dans ce domaine ? Malheureusement non ! Le contraste séquentiel est donc désormais insuffisant pour évaluer à lui seul les performances d’un vidéoprojecteur dans ce secteur. Il devient donc évident que d’autres mesures doivent venir compléter celle du contraste on/off. Et c’est là que le contraste intra-image rentre en jeu !
Qu’est-ce que le contraste intra-image ?
Un contraste intra-image est le rapport de la luminance du blanc sur celle du noir, le blanc et le noir coexistant dans la même image. Le contraste intra-image le plus connu est sans doute le contraste ANSI, c’est-à-dire celui obtenu à partir d’une mire damier, mais ce n’est pas le seul !

Pour ma part, pour ce test comparatif, j’ai mesuré cinq contrastes intra-image :
- Celui avec 2% de blanc dans l’image
- Celui avec 5% de blanc dans l’image
- Celui avec 10% de blanc dans l’image
- Celui avec 15% de blanc dans l’image
- Celui avec 50% de blanc dans l’image (contraste ANSI)
Ces cinq mesures, en plus de celle du contraste on/off, permettent de bien évaluer le comportement d’un projecteur dans les scènes sombres. Mais c’est surtout ce qui se passe en-dessous de 10% de blanc qui va le plus nous intéresser car la luminance moyenne des films se situe en-dessous de 10% d’ADL (Average Display Luminance ou luminance moyenne à l’écran en français) ! Cette zone est donc cruciale pour évaluer les performances d’un projecteur dans les scènes très sombres !
Comparatif de contraste intra-image entre trois projecteurs
Pour écrire cet article, je me suis appuyé sur trois vidéoprojecteurs commercialisés en 2025 : le BenQ W2720i (retrouvez son test ici), le Sony VPL-XW6100 et le JVC DLA-NZ700 (retrouvez son test ici).




Comme nous le voyons dans le tableau de mesures, le BenQ W2720i dispose d’un contraste on/off que je qualifierais de « perfectible », avec 2062:1. C’est selon moi le minimum permettant de ne pas trop être frustré dans les scènes sombres. On est bien loin des 8656:1 du Sony XW6100 et encore plus de la valeur infinie pour le JVC NZ700 !
Dès 2% de blanc, il y a longtemps que le BenQ W2720i est passé en-dessous de 1000:1, alors que le Sony se défend encore bien avec ses 3308:1, mais le JVC NZ700 met tout le monde d’accord avec un impressionnant 10820:1 !
A 5% de blanc, le Sony XW6100 est encore au moins quatre fois plus performant que le BenQ, là où le JVC NZ700 est 7,33 fois plus efficace !
Contraste intra-image et environnement
Dans l’obscurité le contraste on/off n’est quasiment pas impacté par l’environnement, c’est-à-dire que l’on mesure la même chose que la pièce soit toute noire ou toute blanche. En revanche, plus l’image s’éclaircit et plus le contraste intra-image est fortement impacté par la pollution lumineuse générée par la pièce. Je vous invite d’ailleurs à lire cet article publié sur Home Cinéma Tendances il y a quelques années à ce sujet : impact de la pollution lumineuse en vidéoprojection
Conclusion
On considère que la capacité d’un projecteur à produire de bons noirs va souvent avec son prix. En général c’est vrai, mais pas toujours ! En effet, concernant le BenQ W2720i, outre son prix de 1999 €, donc le moins cher des trois, il est aussi désavantagé par sa technologie, car nous savons bien que les projecteurs mono-DLP sont moins aptes à produire des noirs abyssaux dans les scènes sombres par rapport aux machines utilisant des matrices LCD (SXRDchez Sony ou DILA chez JVC). Concernant le Sony XW6100, nous sommes clairement dans un cas où la logique tarifaire n’est pas respectée concernant les noirs, tout du moins par rapport au JVC NZ700, car il coûte quand même 1.77 fois plus cher ! Son prix plus élevé est probablement justifié par sa plus grande luminosité, car il n’y a pas que les noirs qui coûtent cher, mais aussi les lumens.
Grâce à ce test, la preuve est faite que JVC reste le champion incontesté des noirs, même en milieu de gamme ! En tout cas, en ce qui me concerne, je suis bien content de disposer du JVC NZ700 pour regarder des films, car c’est un projecteur qui me permet de ne pas être frustré par rapport à l’image de mon OLED du salon.








