Contexte
Après le test du BenQ W5800 sur Home Cinéma Tendances en août 2024, voici venu le tour du BenQ W2720i de passer au banc d’essai. Je suis particulièrement heureux de tester de nouveau un projecteur de cette marque car il est vrai qu’elle n’a pas trop été à l’honneur ces cinq dernières années sur le blog, avec seulement deux projecteurs testés :
- Le BenQ LK990 en septembre 2021
- Le BenQ W5800 en août 2024
Mais cette présence famélique de BenQ sur Home Cinéma Tendances n’est pas due au hasard ! Certes, j’aime bien cette marque, mais je trouve que les vidéoprojecteurs mono-DLP se sont un peu perdus ces dernières années, depuis que Texas Instrument (fournisseur de la puce DMD de ces machines) s’est lancé dans la démocratisation de la 4K. Certes, si des gains en piqué et en définition sont incontestables, cela s’est fait au détriment du contraste et de la profondeur des noirs, alors que ce n’était déjà pas le point fort de cette technologie. Enfin bref, comme la vocation du blog a toujours été de parler de « l’essentiel du home cinéma » selon son slogan, il ne m’avait pas semblé pertinent de m’attarder sur une technologie s’étant égarée à mon sens dans les méandres de la 4K. Certes, je n’ai pas vraiment changé d’avis, toutefois certains modèles comme ce BenQ W2720i ou le BenQ W4100i, qui fera bientôt l’objet d’un test sur Home Cinéma Tendances, ne me semblent pas dénués d’intérêt. L’objectif de ce test est de vous le démontrer, chers lecteurs.
Présentation du BenQ W2720i
Le Benq W2720i est un vidéoprojecteur disposant d’une puce DMD de 0.47 pouces de diagonale et simulant la définition 4K (Ultra HD pour être précis) grâce au procédé XPR sur lequel je ne reviendrai pas. Son système d’éclairage est composé de 4 LED, il est donc exempt du phénomène de speckle dont souffrent les vidéoprojecteurs tri laser RGB.
Le BenQ W2720i est doté d’une focale plutôt courte, avec un rapport de projection compris entre 1 et 1.3. Cela signifie que pour obtenir une image de 3 mètres de large, il faudra placer l’objectif entre 3 et 3.90 mètres de la toile de projection.
Le BenQ W2720i est prévu pour être placé soit en position table basse soit à l’envers au plafond. Il ne dispose pas de lens shift horizontal, donc il devra être placé dans l’axe de l’écran si vous voulez éviter une image en forme de trapèze. En revanche, il dispose d’un léger lens shift vertical de ± 5%, ce qui vous permettra de décaler l’image de quelques centimètres vers le haut ou le bas, par exemple une trentaine de centimètres pour une image de 3 mètres de large.
Le BenQ W2720i est disponible uniquement en version noire.
Son prix public est de 1 999 €.

Bruit de fonctionnement
Bruit résiduel dans la pièce : 30.5 dB
Il est à noter que j’ai changé ma méthode de mesure puisque j’ai placé le décibelmètre à 1m devant le projecteur, alors que c’était 50 cm avant, car j’ai estimé que cette distance correspondait davantage à une utilisation courante.
J’ai effectué une seule mesure de bruit de fonctionnement, en mode cinéaste (Filmmaker) et avec l’éclairage en « Haute dynamique ». C’est en effet ces réglages qui ont donné les meilleurs résultats, notamment en termes de contraste. Nous verrons cela un peu plus tard.
Voici ma mesure effectuée donc à 1 m devant le projecteur : 31.3 dB
Le BenQ W2720i n’est pas le projecteur le plus silencieux du marché, mais il reste toutefois relativement discret. On peut réduire son bruit de fonctionnement en plaçant la puissance des LED en mode « Eco », au détriment du contraste dynamique.
Piqué – Netteté
Je suis désolé, mais comme souvent avec les vidéoprojecteurs utilisant le procédé XPR, il m’a été impossible de prendre une photo exploitable de la mire UHD utilisée habituellement sur Home Cinéma Tendances. Vous allez donc être obligé de me croire sur parole. Le piqué du BenQ W2720i est plutôt bon, sans faire partie des meilleures sur le marché. Par exemple, lorsque la netteté est bonne au centre, elle l’est un peu moins sur les bords, tout en restant très correcte pour une machine de ce prix.
Effet d’arc-en-ciel
C’est là que ça devient intéressant. Certes, je ne suis pas trop sensible à ce phénomène, mais il est presque inexistant avec le BenQ W2720i. Je l’avais déjà remarqué avec le BenQ W4000i, que j’ai calibré et vendu plusieurs fois, l’image est confortable à regarder, sans doute grâce à cet éclairage à 4 LED. C’est un gros point fort de cet appareil, notamment par rapport à d’autres vidéoprojecteurs mono-DLP, comme l’Optoma UHZ65 par exemple, dont l’image peut être très inconfortable pour certaines personnes.
Fluidité
Le BenQ W2720i dispose d’une fonction « 24p cinéma » pour ceux n’aimant pas les dispositifs d’interpolation d’image. Que ce soit dans ce mode ou en activant l’interpolation d’image, je n’ai pas détecté de problème de fluidité. Le BenQ W2720i se comporte donc bien dans ce domaine.
Luminosité
Comme pour le bruit de fonctionnement, j’ai effectué principalement une mesure, celle en activant le contraste dynamique en position « Haute dynamique ». En effet, le contraste et la profondeur des noirs étant grandement liés à l’utilisation de ce dernier, le BenQ W2720i me semble difficilement utilisable autrement. En outre, pour un usage home cinéma, la justesse des couleurs étant primordiale, j’ai donc effectué ma mesure en mode cinéaste (Filmmaker), après calibrage. J’ai obtenu 974 lumens sur une toile de gain 1. J’ai aussi effectué une mesure en mode « Cinéma », toujours en « Haute dynamique », pour lequel j’ai obtenu 1110 lumens.
Ce n’est pas beaucoup ! Ainsi, je ne vous recommande pas d’utiliser le BenQ W2720i sur un écran de plus de 3 mètres de large.

Profondeur des noirs – Contraste
Nous voilà au cœur d’un sujet capital en vidéoprojection home cinéma ! Cela est d’autant plus vrai pour les vidéoprojecteurs mono-DLP, dont ce n’est pas le point fort.
Sans contraste dynamique c’est-à-dire pour le contraste séquentiel natif, il faudra se contenter d’une valeur aux alentours de 700:1 pour le BenQ W2720i. Ce n’est pas bon, c’est même catastrophique ! Mais le BenQ W2720i ne fait pas pire que les autres projecteurs mono-DLP du moment dans ce domaine. En revanche, en activant le contraste dynamique sur « Haute dynamique », j’ai mesuré 2062:1 de contraste on/off. C’est beaucoup mieux ! En tout cas, ça rend le BenQ W2720i acceptable pour la plupart d’entre nous. C’est pourquoi je recommande d’activer le contraste dynamique sur « Haute dynamique ». Par ailleurs, certes les dispositifs de renforcement du contraste local et global n’ont pas d’impact sur la mesure du contraste séquentiel, mais ils en ont un sur le plan visuel. Je recommande donc de les utiliser également, en position « moyen ».
Voici désormais une grande nouveauté sur Home Cinéma Tendances, pour tous les projecteurs testés je présenterai la courbe de contraste (intra-image) entre 2% et 50% de blanc, c’est-à-dire entre 2% et 50% de luminance moyenne à l’écran. C’est rare et c’est très important, car c’est le seul moyen de pouvoir comparer les projecteurs entre eux concernant la profondeur des noirs et le contraste intra-image. D’ailleurs, je publierai prochainement un article à ce sujet sur Home Cinéma Tendances. Ne le manquez pas car ce sera un des articles les plus importants de l’histoire du blog !
Mais revenons au BenQ W2720i et à son comportement dans les scènes sombres. Voici ci-dessous un tableau de mesures et la courbe de contraste en découlant, les mesures étant effectuées sur « Haute dynamique ».


A titre de comparaison, je vous présente ci-dessous la courbe de contraste d’un vidéoprojecteur faisant référence dans le domaine, à savoir le JVC DLA-NZ700.


Que faut-il savoir pour juger les noirs d’un vidéoprojecteur ? Pour répondre à cette question, je vous présente quelques-uns de mes critères personnels dans ce domaine :
- Un contraste on/off de 2000:1, avec ou sans contraste dynamique enclenché, est un minimum pour commencer à apprécier les noirs d’une scène sombre.
- Un contraste ANSI (50% de blanc ou 50% de luminance moyenne) de 200:1 est un minimum pour disposer d’une image de qualité. A partir de 300:1 il commence à être bon et il devient exceptionnel au-dessus de 500:1. Seuls certains projecteurs DLP arrivent à tendre vers 800:1, voire plus.
- Le contraste intra-image entre 1% et 10% de luminance moyenne est capital pour juger des qualités d’un projecteur à produire des noirs profonds dans les scènes sombres.
Si je m’en tiens à mes critères, nous voyons que le BenQ W2720i réalise le « minimum syndical » dans ce domaine. Autrement dit, il est en mesure de satisfaire le plus grand nombre, mais pas les plus exigeants. Nous voyons par exemple qu’à 2% de luminance moyenne, le JVC DLA-NZ700 fait plus de 10 fois mieux que le BenQ W2720i ! Cela dit, il faut savoir être juste, un projecteur mono-DLP, quel que soit son prix, est incapable de rivaliser dans ce domaine avec les meilleurs projecteurs à matrice LCD, en particulier les JVC. Donc, pour le BenQ W2720i et son prix à 1999 €, il se défend bien !
Le HDR
Le BenQ W2720i s’en sort bien avec le HDR10 1000 nits, mais pour 2000, 4000 et 10 000 nits, c’est plus compliqué, ce qui est bien la preuve qu’il ne dispose pas d’un Tone Mapping dynamique. J’espère qu’il pourra en bénéficier prochainement par mise à jour en atelier, comme ce sera le cas pour le BenQ W5800. Il s’en sort également bien avec le HDR10+. Cela dit, pour un bon rendu HDR en vidéoprojection, trois points sont cruciaux :
- Des noirs profonds dans les scènes sombres.
- Une luminosité suffisante afin de disposer de pics lumineux puissants (plus de 100 nits dans l’idéal).
- Un Tone Mapping dynamique performant.
Or le BenQ W2720i est limité concernant les deux premiers points et il est dépourvu de l’équipement nécessaire pour le troisième point, donc il n’est pas en lice pour faire partie des meilleurs projecteurs dans ce domaine.
La colorimétrie
BenQ devient de plus en plus performant concernant la colorimétrie de ces projecteurs home cinéma. Le BenQ W2720i ne déroge pas à la règle et il m’a été facile de le calibrer en partant du mode cinéaste (Filmmaker).
La couverture de l’espace de couleur DCI-P3 avec le filtre enclenché est bon : 96.8%. Le BenQ W2720i est donc capable de produire des couleurs bien saturées en HDR. Certes, il fait moins bien dans ce domaine par rapport aux projecteurs tri laser RGB, mais il a l’avantage de ne pas souffrir du fameux speckle typique de ces machines.

L’avis du testeur, Hervé THIOLLIER
Pour un projecteur à 1999 €, le BenQ W2720i se comporte globalement très bien. Et même concernant la profondeur des noirs, point faible emblématique des projecteurs mono-DLP, il n’est pas si mal ! Associé à une bonne toile ALR en pièce de vie, comme l’Ambient Grey 2 chez ADEO Screen par exemple, le BenQ W2720i est capable de satisfaire le plus grand nombre, sans dépenser des fortunes. Attention tout de même de choisir une toile ALR suffisamment lumineuse car la luminosité n’est pas son point fort.
En revanche, ce n’est pas un projecteur que j’envisagerais en salle dédiée, pour plusieurs raisons :
- Noirs pas assez profonds.
- Manque de luminosité pour les écrans en général plus grands en salle dédiée qu’en pièce de vie.
- Une focale plutôt courte interdisant un placement en fond de salle.
Du coup, je ne comprends pas le choix d’une coque noir. En effet, la destination naturelle, selon moi, du BenQ W2720i est en pièce de vie accroché à un plafond (souvent blanc). Une coque blanche aurait donc été plus avisé.

Conclusion
Le BenQ W2720i est un choix évident pour celui souhaitant un vidéoprojecteur relativement homogène, sans dépenser des fortunes. Ainsi, il fait partie des rares vidéoprojecteurs home cinéma dignes de ce nom en dessous de 2000 €.
J’ai aimé
- Le prix
- Une image confortable, presque dénuée d’effet d’arc-en-ciel.
- Un appareil relativement homogène, sans gros point faible.
J’ai moins aimé
- Des noirs perfectibles
- Un manque de luminosité réduisant son usage à des écrans aux alentours de 250 cm de largeur (300 cm grand maximum).
Récompense Home Cinéma Tendances
Etant donné que le BenQ W2720i est relativement homogène pour un projecteur de ce prix, il se voit attribuer la médaille de bronze Home Cinéma Tendances.









