Contexte
Après le BenQ W2720i et le Valerion VisionMaster Pro 2, le BenQ W4100i est le troisième vidéoprojecteur mono-DLP que nous testons en 2025 sur Home Cinéma Tendances. Le W2720i nous avait convaincus par sa belle homogénéité pour un projecteur autour de 2 000 €, ce qui lui avait valu une médaille de bronze. Quant au VisionMaster Pro 2, il avait brillé par ses performances globales, décrochant sans conteste la médaille d’or.
Vendu 2 999 €, soit 1 000 € de plus que le W2720i, le BenQ W4100i a-t-il les arguments pour justifier cette différence ? Peut-il rivaliser avec le Valerion vendu au même prix ? Réponse dans ce test complet.
Présentation du BenQ W4100i
Le BenQ W4100i est un vidéoprojecteur mono-DLP équipé d’une puce DMD de 0,65 pouce et exploitant la technologie XPR pour simuler une résolution Ultra HD (4K). Sa source lumineuse repose sur des LED, ce qui le rend insensible au speckle, contrairement aux modèles à triple laser RGB.
- Rapport de projection : 1,15 – 1,50 (focale courte, mais un peu plus longue que celle du W2720i – 1,13 – 1,30).
- Lens shift mécanique : horizontal ±15 %, vertical mesuré à environ ±30 %. Un vrai plus pour un DLP mono-puce.
- Disponible uniquement en noir.
- Prix public : 2 999 €.

Bruit de fonctionnement
- Bruit ambiant de référence : 30,0 dB
- Mesures à 1 m en face de l’appareil :
- Mode Éco : 32,5 dB
- Mode Normal : 32,9 dB
Le BenQ W4100i n’est ni bruyant, ni silencieux. Il est le plus sonore des trois projecteurs mono-DLP testés cette année, mais reste supportable pour la majorité des utilisateurs. Bonne surprise, le bruit varie très peu entre les modes, ce qui permet de profiter des réglages « Faible » ou « Haute dynamique » sans inconfort auditif.
Piqué – Netteté
Comme souvent avec les DLP à simulation 4K via XPR, il est difficile d’obtenir une capture nette de mire UHD. Le piqué est correct mais pas exceptionnel, en dépit d’une optique en verre. C’est bien supérieur à un modèle Full HD natif, mais encore loin des UHD natifs de chez Sony ou JVC.
Effet d’arc-en-ciel
Le BenQ W4100i s’en sort très bien, même mieux que le Valerion VisionMaster Pro 2. Je ne suis pas sensible à l’AEC, mais je peux affirmer que le BenQ offre une expérience visuelle très confortable, notamment pour les spectateurs sujets à ce phénomène.
Fluidité
Sans système d’aide à la fluidité, le W4100i s’en sort honnêtement, sans égaler les ténors que sont Epson, Sony ou JVC. Le mode Motion Enhancer 4K (niveau « Bas ») apporte un gain sensible de fluidité sans effet caméscope prononcé, ce qui en fait le réglage à privilégier.
Luminosité
Voici mes mesures après calibrage :
SDR (mode « Filmmaker ») :
- Éco : 721 lumens
- Normal : 884 lumens
HDR :
- Normal + filtre coloré activé : 689 lumens
- Normal + filtre coloré désactivé : 1 287 lumens
Les modes « Faible dynamique » et « Haute dynamique » affichent la même luminosité que le mode Normal. L’activation du filtre coloré DCI-P3 fait perdre près de 50 % de la luminosité, ce qui le rend utilisable uniquement pour des écrans de petites dimensions.

Profondeur des noirs – Contraste
Le BenQ W4100i n’est pas un champion des noirs profonds. Mais il est loin d’être catastrophique dans ce domaine, en témoignent les mesures de contraste séquentiel ci-dessous.


Le BenQ W4100i fait d’ailleurs mieux que son petit frère (le BenQ W2720i) concernant le contraste séquentiel :
- 1100:1 en natif (vs 700:1 pour le BenQ W2720i)
- 2282:1 grâce au contraste dynamique (vs 2062:1 pour le BenQ W2720i)

C’est pareil pour le contraste intra-image, le BenQ W4100i est un peu meilleur que le BenQ W2720i (voir courbe de contraste ci-dessous).

En revanche, les deux projecteurs BenQ sont nettement en dessous du Valerion VisionMaster Pro 2 dans le domaine du contraste (voir courbe de contraste ci-dessous).

On voit par exemple que le Valerion VisionMaster Pro 2 peut se vanter d’un contraste séquentiel optimisé de 12960:1 ! Mais attention, cela n’est pas sans contrepartie ! Ainsi, le Valerion souffre d’effets de pompage de luminosité, certes légers, mais bien visibles, là où les deux BenQ en sont totalement exempts ! Les deux marques ont donc fait des choix différents. Quel est le meilleur choix ? Il est bien difficile de répondre à cette question car c’est sans doute une question de goûts.
Le HDR
Contrairement au BenQ W2720i, le W4100i dispose d’un Dynamic Tone Mapping (DTM) intégré, efficace et fiable. Et contrairement au Valerion, je n’ai constaté aucun bug ou comportement incohérent. Certes, ce n’est pas encore du niveau d’un madVR ou d’un Lumagen, mais on s’en approche sérieusement.
Un grand bravo à BenQ, qui réussit ici un tour de force jamais vu à ce niveau de prix.
La colorimétrie
Les maîtres de la colorimétrie en vidéoprojection home cinéma restent Epson, Sony ou JVC. BenQ est bien aussi, mais leurs projecteurs sont quand même un peu plus difficiles à calibrer et présentent un résultat moins homogène. J’ai d’ailleurs eu quelques soucis en HDR.
Quant au gamut, je vous présente ci-dessous trois images de la couverture de l’espace DCI-P3 :
- Une en SDR avec le mode utilisateur : 115% couvert !
- Une en HDR avec le filtre coloré enclenché : 111,7% couvert !
- Une en HDR avec le filtre coloré désactivé : 90% couvert !



L’éclairage LED utilisé par BenQ est selon moi un excellent choix car il permet une bonne couverture de l’espace DCI-P3, avec ou sans filtre coloré. Certes, les projecteurs tri laser RGB font mieux, mais avec un effet de speckle parfois gênant, en particulier avec les toiles ALR. Ainsi, si vous comptez projeter en pièce de vie claire, avec un plafond blanc, je vous recommande vivement ce BenQ W4100i par rapport aux projecteurs tri laser RGB. En effet, ce dernier vous permettra d’utiliser une toile ALR et ainsi de préserver quasiment à 100% le contraste intra-image !
L’avis du testeur, Hervé THIOLLIER
J’ai adoré ce BenQ W4100i pour plusieurs raisons :
- Le lens shift permettant le placement sur tablette murale. C’est suffisamment rare pour un projecteur mono-DLP pour être signalé !
- Une image confortable à regarder, avec un effet d’AEC très faible.
- Des noirs corrects pour un mono-DLP, grâce aux dispositifs d’amélioration du contraste.
- Des dispositifs d’amélioration du contraste sans effet néfastes sur l’image.
- Un DTM parfaitement fonctionnel et à la hauteur de ce que sait faire JVC ou Sony !
- Un gamut couvrant à 100% l’espace DCI-P3, ce qui est suffisant pour une bonne expérience en HDR.
- Un bruit de fonctionnement plus contenu par rapport à ce que faisait BenQ autrefois.
Le BenQ W4100i vaut-il le coup par rapport au BenQ W2720i ? Je réponds oui à cette question, sans hésiter. Certes, il est 1000 € plus cher, mais son placement plus facile grâce au lens shift, ses noirs un peu meilleurs et la présence d’un DTM à l’efficacité irréprochable sont autant d’arguments justifiant la différence de prix.
Que choisir entre le BenQ W4100i et le Valerion VisionMaster Pro 2 ? La question est pertinente car les deux projecteurs sont au même prix. C’est un choix cornélien car les deux machines ont chacune leurs arguments à faire valoir. La profondeur des noirs est en faveur du Valerion mais au prix d’effets de pompage de luminosité bien visibles ! Le confort de visionnage, grâce à un effet d’AEC plus discret, ferait pencher la balance plutôt vers le BenQ. Le lens shift et la meilleure gestion du DTM sont aussi des arguments de poids pour le BenQ. Mais j’avoue que si je devais faire un choix entre les deux, je serais bien embêté !

Conclusion
Les bons projecteurs en dessous de 3000 € étant une denrée rare, je ne saurais trop vous conseiller le BenQ W4100i. Certes, il est loin d’être parfait, mais il est relativement homogène pour un projecteur de ce prix.
J’ai aimé
- Le DTM au niveau de celui d’un Sony ou d’un JVC.
- Une image confortable, presque dénuée d’effet d’arc-en-ciel.
- La présence d’un vrai lens shift facilitant le placement du projecteur.
- Un gamut large, même en désactivant le filtre coloré.
J’ai moins aimé
- Des noirs perfectibles
- Une luminosité insuffisante une fois calibré restreignant le BenQ W4100i à des écrans de moins de 3 mètres de base en HDR.
Récompense Home Cinéma Tendances
Etant donné que le BenQ W4100i est relativement homogène pour un projecteur de ce prix, il se voit attribuer la médaille d’argent Home Cinéma Tendances. Il rate la médaille d’or à cause de noirs insuffisants pour un projecteur à 3000 €.










5 réponses
Bonjour Hervé,
Merci pour ce test, je croyais que les BenQ en tout cas ce modèle était déjà calibré en sortie de carton, il y a même un certificat dessus.
Son prédécesseur (W4000i) était quand même bruyant (quand on part d’une pièce de vie à 23dB).
Dommage qu’il ne soit pas dans la veine du 2720i ou d’un 5850 de ce côté
Du coup, on perd vraiment beaucoup de luminosité après votre calibrage.
En tout les cas, si c’est comme avec le W4000i, si la pièce monte en T° la ventilation aussi.
Mais si la pièce reste en T° alors oui, ça ne varie pas.
Bonjour,
Le BenQ W4100i est aussi calibré en usine. Il y a le rapport de calibrage dans la boîte. Cela dit, selon moi c’est plus un argument marketing qu’un point vraiment intéressant. En effet, il suffit de changer un paramètre, par exemple le gamma, et le calibrage n’est plus bon du tout !
Concernant le bruit de fonctionnement, le BenQ W4100i n’est pas spécialement bruyant, mais il est clairement le plus bruyant que j’ai testé en 2025.
Au sujet de la perte de luminosité, tout dépend de quoi on parle. Certes, il est donné pour 3200 lumens, c’est sûrement vrai, mais c’est avec une colorimétrie inutilisable en home cinéma (balance des blancs tirant fortement vers le vert). Pour mon calibrage, je suis parti du mode Filmmaker, celui calibré en usine. Mais comme j’applique quelques modifications pour améliorer l’image, notamment le contraste, cela déséquilibre la colorimétrie. Je suis donc obligé de refaire un calibrage, ce qui a dû faire perdre quelques lumens. Avec ce mode Filmmaker, j’ai remarqué que le filtre coloré était engagé, sans possibilité de le désactiver. C’est sans doute pour cela que le flux lumineux est si bas ! Je n’ai pas eu le temps de me pencher dessus, mais en cas de manque de luminosité il doit y avoir un moyen d’avoir plus de lumens en partant d’un autre mode usine que le Filmmaker.
Bonjour,
Merci pour toutes les explications, je comprends mieux 👍
Le choix semble bien compliqué entre les 2 vidéoprojecteurs BenQ W4100i et le Valerion VisionMaster Pro 2 par contre une remarque peut faire balancé un choix dans mon cas:
Une luminosité insuffisante une fois calibré restreignant le BenQ W4100i à des écrans de moins de 3 mètres de base en HDR.
J’ai une base de 3.5M, une pièce totalement noire et le bruit m’est égal car le vidéo se trouve derrière une vitre dans une pièce derrière mois. Tu pencherai pour lequel sachant que le valerion peut maintenant être touché un poil moins cher ?
Bonjour,
J’avais eu une bonne impression avec le Valerion au début, mais au final comme son dispositif d’amélioration du contraste est quand même difficilement utilisable, je dirais que le BenQ W4100i me semble plus équilibré.