L’Epson LS12000 est-il dépassé en 2026 ?

L’Epson LS12000 est-il dépassé en 2026 ?

J’ai régulièrement des personnes qui me contactent pour me demander si l’Epson LS12000 vaut encore le coup en 2026. La question est légitime : après presque cinq ans de commercialisation, on pourrait penser que ce vidéoprojecteur a été dépassé par des modèles plus récents. Beaucoup de consommateurs ont d’ailleurs tendance à le croire. Regardons cela d’un peu plus près.

L’Epson LS12000 a-t-il été supplanté par d’autres vidéoprojecteurs ?

Si l’Epson LS12000 était réellement dépassé, il aurait logiquement été supplanté par d’autres machines. Mais est-ce vraiment le cas ?
Quel vidéoprojecteur, affiché à un prix public inférieur à 5000 €, pourrait aujourd’hui prétendre faire mieux ? Pour ma part, je n’en vois pas.

Certes, depuis l’arrivée sur le marché de l’Epson LS12000 en octobre 2021, nous avons vu apparaître une multitude de petits projecteurs asiatiques, souvent chinois, comme ceux de XGIMI ou Valerion. Mais ces derniers font-ils réellement mieux ?

Dans certains domaines, oui : par exemple sur l’étendue du gamut pour les modèles tri-laser RGB, ou encore sur le piqué. Mais globalement, sont-ils meilleurs ? Je ne le pense pas.

L’Epson LS12000 me semble en effet bien plus homogène. Autrement dit, il ne présente pas de véritable point faible. C’est très différent de la plupart de ses concurrents mono-DLP, dont les défauts sont nombreux :

  • Une profondeur des noirs limitée, critère pourtant essentiel pour la qualité d’image
  • La présence possible d’effet arc-en-ciel
  • L’effet de speckle pour les modèles tri-laser RGB
  • Une plus grande difficulté de placement, liée à l’absence de lens-shift et/ou à un zoom de faible amplitude
  • Une colorimétrie souvent moins bien maîtrisée

Concrètement, cela signifie que choisir l’Epson LS12000 comporte très peu de risques : son image plaît généralement à tout le monde. Ce n’est pas forcément le cas de ses concurrents mono-DLP, dont l’image peut être moins confortable pour certains utilisateurs.

À cela s’ajoute un autre avantage non négligeable : une garantie de cinq ans, contre deux ans pour la plupart de ses concurrents. C’est évidemment très rassurant.

Selon moi, s’il fallait trouver un véritable concurrent à l’Epson LS12000 sous la barre des 5000 €, il n’y en aurait qu’un : le Sony XW5000. Commercialisé quelques mois après l’Epson, les deux machines appartiennent globalement à la même génération. Leur positionnement tarifaire est également proche : environ 4699 € pour l’Epson LS12000 contre 4499 € pour le Sony XW5000.

Mais peut-on dire que le Sony XW5000 a supplanté l’Epson LS12000 ? Pas vraiment. Les deux modèles ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients.

L’Epson LS12000 est par exemple mieux équipé. Il dispose d’un objectif entièrement motorisé, alors que le Sony XW5000 propose un objectif à réglage manuel. L’Epson bénéficie également de mémoires de position, ce qui n’est pas le cas du Sony. Enfin, il est plus facile à installer grâce à un zoom et un lens-shift de plus grande amplitude.

En revanche, le Sony XW5000 possède un avantage en termes de piqué, grâce à sa définition UHD native. De son côté, l’Epson LS12000 utilise un système de wobulation permettant de simuler l’Ultra HD. Je reviendrai d’ailleurs sur ce point un peu plus loin.

En revanche, ni l’un ni l’autre ne dispose de DTM (Dynamic Tone Mapping), un système qui automatise la gestion du HDR. C’est probablement la seule véritable faiblesse de ces deux machines.

L’Epson LS12000 possède toutefois un atout intéressant pour le HDR : un réglage sur 15 positions permettant d’adapter la luminosité de l’image en fonction des conditions de projection (taille de l’écran et gain de la toile). Certes, ce n’est pas automatique, mais j’ai toujours trouvé ce dispositif particulièrement pertinent.

Le Sony XW5000 est plus limité sur ce point. D’ailleurs, on lui reproche souvent un HDR un peu sombre, avec peu de possibilités de réglage.

Au final, peut-on dire que l’Epson LS12000 a été supplanté après bientôt cinq ans de commercialisation ? Selon moi, la réponse est clairement non.

L’Epson LS12000 vaut-il encore le coup en 2026 ?

Nous venons de voir que l’Epson LS12000 n’est toujours pas dépassé en 2026. Mais vaut-il encore le coup aujourd’hui ? Autrement dit, peut-on trouver mieux avec un budget raisonnable ?

Toute la difficulté est de lui trouver une alternative crédible. En dehors du Sony XW5000, l’exercice s’avère compliqué.

Bien sûr, certains consommateurs se laissent séduire par le marketing de nouveaux projecteurs tri-laser RGB, compatibles Dolby Vision et autres fonctionnalités mises en avant. Mais si l’on reste raisonnable et que l’on garde à l’esprit ce qui compte vraiment en vidéoprojection, à savoir le contraste et la profondeur des noirs, il devient difficile d’ignorer l’Epson LS12000 dans cette gamme de prix.

Par ailleurs, depuis l’arrêt de la commercialisation de l’Epson TW9400, quelles sont réellement les options pour ceux qui recherchent un projecteur homogène avec de beaux noirs ?

Je suis désolé si mes propos peuvent déplaire à Epson, mais les LS9000 ou LS11000 ne me font pas rêver. Leur principal défaut, à mes yeux, reste une profondeur des noirs insuffisante.

Il faut bien reconnaître que l’arrêt du TW9400 laisse un vide considérable pour ceux qui souhaitent un vidéoprojecteur de qualité à moins de 3000 €.

C’est d’ailleurs ce qui m’amène à me poser une question : l’Epson LS12000 ne serait-il pas, commercialement parlant, le véritable successeur de l’Epson TW9400 ?

Personnellement, j’ai tendance à le penser, même s’il coûte environ 2000 € de plus. Autrefois, lorsque l’on voulait un vidéoprojecteur home cinéma offrant de bons noirs à prix raisonnable, le choix se portait presque systématiquement sur l’Epson TW9400.

Mais aujourd’hui, que choisir ? En dehors de l’Epson LS12000 ou du Sony XW5000, je ne vois pas vraiment d’alternative.

La filiation entre le TW9400 et le LS12000 ne se limite d’ailleurs pas à la profondeur des noirs. Les deux machines partagent plusieurs caractéristiques :

  • Des équipements globalement similaires
  • Un zoom et un lens-shift de grande amplitude
  • Une forte luminosité

Bien sûr, il existe aussi des différences. La plus évidente concerne la source lumineuse : le LS12000 utilise un laser, tandis que le TW9400 fonctionnait avec une lampe traditionnelle.

Le LS12000 bénéficie également d’un système de wobulation plus avancé, qui améliore sensiblement le piqué. Si je devais illustrer cela sur une échelle de 1 à 10, 1 correspondant au piqué du TW9400 et 10 à celui d’un projecteur 4K natif, je situerais l’Epson LS12000 autour de 6.

On n’atteint donc pas le niveau d’un véritable 4K natif, mais on reste nettement au-dessus du TW9400.

Conclusion

Faut-il encore acheter l’Epson LS12000 ?

Pour ma part, la réponse est oui, sans hésitation. Aux alentours de 4000 €, en dehors du Sony XW5000, je ne vois aucun autre vidéoprojecteur capable de rivaliser avec lui, que ce soit en termes de profondeur des noirs ou d’homogénéité.

Bien sûr, l’Epson QB1000 serait encore meilleur, notamment grâce à la présence d’un DTM. Mais on n’est plus du tout dans le même budget.

Herve-THIOLLIER

Hervé THIOLLIER

Expert en cinéma privé – Calibreur vidéo – Revendeur de matériel audio et vidéo toutes marques.

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